Keelhaul
&
Season Of Lies + Il Fulgurante + Tantrum
Keelhaul
+ Season Of Lies + Il Fulgurante
+ Tantrum, Zoobizarre, Bordeaux, 12
Avril 2004
Les photos sont disponibles ICI.
21h00, le Zoobizarre ouvre ses portes sur son habituelle humeur rouge et tamisée. Après un détour par le bar, c’est l’heure de descendre vers la scène pour voir les 5 de Season Of Lies qui ouvrent la soirée.
Les Bordelais ont un peu de mal à entamer le set pour cause de personnel manquant au son, mais quand ils arrivent enfin à commencer, c’est pour jouer dans l’efficacité avec des riffs tranchants et un chant hurlé, hardcore et intense… Malgré un peu de stress manifesté devant une salle remplie dès les premières minutes, le groupe assure et les musiciens ont l’air de bien se trouver les uns les autres. On entend trop peu le chant du guitariste qui, en plus d’avoir semble t-il une extinction de voix, a visiblement aussi des problèmes micro, ce qui oblige le chanteur à improviser légèrement, mais tout le monde s’en sort très bien. Cassage de corde pour continuer dans les soucis techniques, mais personne ne se laisse abattre et le set reprend avec un peu plus de force encore. A mi chemin, le chanteur descend dans le public pour flyer avec un message sans équivoque « misérables sommes nous de croire que tout peut changer sans rien faire, notre condition est bien loin d’être à plaindre, si seulement nous étions moins égoïstes » et laisse place à un passage totalement instrumental où les guitares se répondent de façon mélancolique d’un côté et de l’autre de la scène. Pour le dernier morceau le guitariste semble avoir légèrement retrouvé ses capacités vocales, et vient doubler le chant hurlé avec une voix claire et bien posée ce qui nous donne une meilleure idée de ce qu’est réellement Season Of Lies.
Après une très courte pause, Il Fulgurante vient investir les lieux. Un batteur à la Blues Brothers et un chanteur crooner Italien très « années 60 » suivis de deux musiciens plus discrets montent sur scène. Se succèdent alors des titres punk garage très speed, souvent hardcore avec un grain de folie évoquant bien souvent le son des Beastie Boys à l’époque de leurs délires punks. Le chant à la The Hives est parfaitement juste, très clair, la batterie ultra speed et puissante est calée au millimètre. La basse est simple mais le son est bon. Le guitariste fixe ses cordes toute la durée du set, et enchaîne des sons des plus inattendus et autres riffs géniaux. Ces véritables alchimistes distillent leur punk déjanté à tout va sans jamais tomber dans la répétitivité ou les clichés. Le chanteur dandy intervient entre les chansons uniquement en Italien mais de façon suffisamment intelligible, et ponctue la fin d’un set assez court à coup de « Va fanculo Tantrum » avant de terminer sur la dernière chanson qui se conclue dans une orgie de cymbales et de sons dissonants qui communient dans ce joyeux bordel.
Place donc aux Montpelliérains de Tantrum.
Après une dizaine d’années d’existence, le trio
continue d’écumer les petites salles intimistes avec son HxC
intense et lourd et dont les parties instrumentales ne sont pas sans rappeler
Isis ou Unsane ! Manifestement la vague chaotique a croisé le chemin
de Tantrum qui dispense des parties guitares résolument torturées
et où le chant s’essouffle dans des tons très Noisy.
Tantrum sait envoûter son auditoire et exulte entre violents ouragans
de guitares, et ambiances plus tourmentées, mélancolique et
tourbillonnantes qui ne laissent à personne le temps de se reposer.
Une très belle performance donc pour Tantrum qui connaît bien
la scène maintenant, même si la voix n’est pas toujours
à la hauteur, particulièrement en fin de set.
Je tiens quand même à saluer la prouesse des trois sudistes,
qui venaient jouer ce soir là à Bordeaux, en deuxième
partie de soirée, pour rentrer tout de suite après sur Montpellier
et se lever le matin pour… travailler !
Avant de voir Keelhaul, on m’avait parlé
de metal hardcore ultra puissant qui emportait tout sur son passage…en
effet les riffs sont très pesants et le batteur, dans un style basique
mais néanmoins carré et efficient, frappe avec lourdeur et
répétitivité. Un metal somme toute classique, sans
trop d’originalité au final, mais parfaitement maîtrisé
techniquement. Le chant n’est pas très présent, laissant
plutôt la place à des instrus tantôt trash ou hardcore,
tantôt plus calmes comme si ils voulaient nous laisser un peu de temps
pour récupérer avant d’en remettre une couche. Quand
la voix se fait entendre, c’est un chant punk hardcore à la
Agnostic Front, haineux, gras et caverneux qui fait bien passer le message
du groupe… Kill All !
Finalement les 4 de Boston impressionnent plus par leur technique que par
leur musicalité. Le groupe manque de singularité et mise tout
sur la maîtrise des instruments et la lourdeur dans le jeu. Un jeu
assez rapidement lassant donc mais qui ne fait pas de doute sur sa qualité
tant certaines parties sont recherchés.
Kikoo Oui-Oui