Zewa
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Luces Muy Guapa
Commençons par le commencement : Zewa est un duo genevois d'expérimental bruitiste composé de Yaacov et Itsuki (prénoms d'emprunt). Avant que ce disque n'arrive entre mes mains, je n'aurais jamais crû que des genevois puissent avoir l'audace de faire quelquechose pareil. Mais la meilleure manière de partager ce sentiment, reste d'écrire une chronique. Que voilà.
L'album débute par un Alter Ego qui nous annonce la couleur du CD, lent et pesant, et nous insère directement dans l'ambiance que nous retrouverons tout au long de l'album.L'atmosphère s'installe insidieusement, doucement. On réussit tout de même à atteindre des pointes où la saturation amène de l'intensité au tout.
Puis, arrive le reste de l'album, composé
de coups sourds réguliers, des cymbales saturées, de mélodies
glauques. Une ambiance qui nous transporte dans un sous-marin qui coule.
Les résidants essayent de s'y extirper, mais l'effort reste vain.
Les cymbales sont autant d'impacts d'objets inconnus contre la coque du
navire.
L'angoisse est le maître-mot pour le duo.
Itsukisong arrive et nous emporte dans une petite mélodie jouée au métalophone, rajoutant encore un côté glauque et morbide au tout. L'atmosphère s'alourdit, devient pesante. La peur s'empare de nous.
Interlude nous éloigne un tant soit peu de cette atmosphère tout en gardant le "goût" du CD pour revenir encore plus sournoisement.
Le reste du disque reste dans la même ambiance que le début tout en livrant quelques touches qui provoquent sursauts, hérissements de poils et autres réactions bizarres. Quelques chansons apportent une touche de mélodie réelle. Cette notion est totalement absente du reste de l'oeuvre, ce qui créé une sensation d'irréel prenant.
Les cymbales lancinantes continueront tout au long de l'album, jusqu'à Parvus Fascinus où arrive un Didjeridoo et une mélodie à la guitare rassurante qui nous ramène sur la terre ferme, laissant ce voyage apocalyptique comme un mauvais rêve, mais nous rapellant que tout ceci est bien arrivé. Le film a donc un happy end.
Le bonus track (Psychodream) se révelera étrange et incompréhensible, car si tout l'album utilise un rythme lent, Psychodream se déroule sur un tempo plus rapide. Une chanson encore plus déroutante que le reste du disque.
En résumé, Luces muy guapa ("Tu
as l'air très jolie" en espagnol (on se demande vraiment d'où
ils ont pu sortir pareil nom pour un album de cette trempe)) est un disque
qui fait partie de ceux qu'on adore ou qu'on déteste. Or, pour l'apprécier
à sa juste valeur, il faut s'immerger complètement, chose
qui n'est pas toujours évidente.
Quelques bémols viennent maculer cette démo : le son est vraiment
mauvais (ce qui est normal pour une démo et parfois donne une plus
à la musique) et on sent une certaine répétition tout
au long du disque.
Malgré ceci, gageons que ce duo plus qu'audacieux sera une valeure
sûre dans l'expérimental de demain.
Groupe à suivre donc!
Le groupe construit son site en ce moment même, mais vous pouvez les contacter sur l'adresse suivante : E-mail.
Note : 9/10
Santiag
©2004 by Santiag